La Revue 3e millénaire existe déjà depuis plus de 25 ans dans sa formule nouvelle série. Vingt et un numéros étaient déjà parus (ancienne formule) de mars 1982 à août 85, lorsqu'une jeune équipe, dirigée par Charles Abot, racheta le titre en avril 1986. Le contexte associatif permit un redémarrage financier très incertain à l'époque, et continue aujourd'hui avec la passion de ses cinq bénévoles et le soutien de ses fidèles lecteurs et abonnés.
Dès le printemps 86, avec la parution d'un premier numéro comprenant un dossier en hommage au philosophe J. Krishnamurti [1], l'orientation de 3e millénaire était donnée : montrer l'urgence et l'importance, pour le contemporain d'apprendre à « se connaître soi-même » au sens éminemment socratique du terme, afin, comme l'indiqua en son temps l'oracle de Delphes, de pouvoir « connaître l'univers et les dieux »  formule mystérieuse incomprise aujourd'hui qui vise pourtant à concilier tradition et modernité !
L'« observation de soi »  dénaturée par l'approche introspective du développement personnel  est au coeur du sujet connaissant qui oeuvre au dénouement du complexe égotique et à un changement créateur. Se connaître sur plusieurs niveaux d'être, c'est connaître l'humanité dans son histoire intime !
Cette orientation, vers l'Orient de l'être,  « philosophie vécue » ou phénoménologie  ouvre une voie épistémologique, chère à un Roger Godel [2] mais aussi à tout découvreur de vérité. Des approches holistiques, systémiques, des théories « nouvelle science » sur le chaos, les fractales, la « non-séparabilité », etc., des thèses relatives à l'évolution de l'homme (vitalisme, « Bipédie initiale ») et du cosmos (Big Bang, « fluctuation du vide »), des hypothèses avancées sur la convergence Science et Tradition, furent présentées tout au long de ces années parcourues avec passion.
Ces approches et ces modèles, porteurs d'enthousiasme et de réenchantement du monde, n'ont pourtant jamais eu pour 3e millénaire la vocation de s'imposer comme vérité absolue à l'esprit des chercheurs. L'équipe rédactionnelle de la Revue reste en effet convaincue qu'aucune conception du monde  aussi brillante soit-elle  ne peut et ne suffit à changer l'homme : l'histoire tourmentée du XXe siècle en témoigne... Une « révolution intérieure », acte individuel générateur de bonheur et de liberté, est alors nécessaire et indispensable !
En cela, la Revue 3e millénaire s'inscrit dans un courant humaniste de libre recherche spirituelle, artisan de convergences entre les religions et les philosophies d'Orient et d'Occident et à l'écoute des témoins d'Éveil. La libre recherche spirituelle, qui fait tant défaut aujourd'hui, crée des démarches inédites et novatrices afin de replacer les psychologies contemporaines au seuil du Transpersonnel, et d'éclairer les limites des sciences contemporaines pour entrevoir leur versant inconnaissable.
Des enjeux majeurs nous placent à une étape évolutive encore insoupçonnée où des énergies latentes en l'être humain pourront s'exprimer... dans la découverte vigilante (du coeur et de l'esprit) que l'homme en devenir est la réalisation de notre éternité.
[1] - J. Krishnamurti, qui contribua au dialogue entre science et démarche spirituelle (avec, par exemple, David Bohm), quittait ce monde au moment même où nous envisagions la parution d'un numéro 1.
[2] - Le Dr Roger Godel, auteur de L'expérience libératrice (1952) a su montrer, dès les années 1950, les avancées et les frontières de la science face à une spiritualité vécue ; voir de l'auteur : Les sciences contemporaines devant l'expérience libératrice, 3e millénaire n°6 et 7.
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