J’étais en train de travailler une relaxation avec un ami quand j’ai senti en moi monter ce que je croyais un désir, tout à fait différent de ceux que je connaissais habituellement. J’étais comme transportée. Je lui ai demandé d’arrêter le travail que nous faisions. Il me paraissait important que je me retrouve seule pour que je puisse laisser s’exprimer « cette chose » tout à fait librement. Les pudeurs parfois empêchent d’aller au bout de notre sensation.
Le lendemain, j’eus à peine à relâcher mon corps, mes pensées, pour retrouver immédiatement ce qui m’avait troublé la veille. Je me suis sentie remplie d’une lumière, mais à aucun moment le mental ne l’a créée. Je crois que ce qui m’arrivait a été plus vite que le mental, et cette Lumière m’a inondée. Je n’étais plus que cela. J’ai eu ensuite la sensation – car pendant cette expérience, il n’y avait pas autre chose que la Lumière –, que le corps physique n’existait plus. Tout n’était que Lumière. C’est comme si j’avais éclaté en particules de Lumière. Je n’avais plus conscience de ce que je croyais être la réalité.
J’étais très troublée par ce moment. Par la suite, mes perceptions ont commencé à s’affiner. Quelques temps après, j’ai été amenée à revivre une même expérience. C’était lors d’un rêve. Je dormais et j’étais comme éveillée, quand j’ai senti de nouveau vibrer en moi cette Beauté, cette Lumière, à laquelle j’étais unie.
Peut-être que certains appelleraient cela la conscience du Tout, l’expérience du Soi. Quand à moi, je ne pouvais pas encore formuler ces propos.
[…]
Après avoir vécu cette fusion avec la Lumière, mon mental a interprété cette expérience comme étant la Beauté, la Paix. Aujourd’hui, je sais qu’en recommençant à penser, à analyser ce que j’avais ressenti, je mettais de nouveau une distance avec ce vécu.
Plus particulièrement parce que je regardais ce vécu comme quelque chose d’extérieur à moi, d’extraordinaire. J’avais beau dire que nous étions tous cette Énergie Divine, que nous étions tous le Soi, il y avait encore ces états – que je vivais un peu comme des parenthèses – et le quotidien. Il aura fallu encore quelques mois à l’ego et peut-être aussi ce séjour en Inde pour que je réalise autrement la Présence de Ramana Maharshi et d’Arunachala. Je commence à accepter ou plus exactement à vivre comme une évidence, bien au-delà de toute pensée intellectuelle, que la Présence et ces moments « extra-ordinaires » ne sont qu’une seule et même chose.
J’avais vécu si souvent cette Unité, mais l’ego avait encore si peur de poursuivre seul sa route qu’il a réussi à mettre entre parenthèses ce qui m’était offert par la Grâce Divine. Je sais aujourd’hui que dans ces moments, je suis cette Grâce. Et même si je m’en éloigne encore, la Conscience est, et rattrape l’ego sans qu’il s’y attende.
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Laurence Zékri, Par le Souffle Divin. Morceaux de vie et Enseignements, A.L.T.E.S.S., 2000, pp. 42-45.
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